Pistes « d’intonation »

Vivre.

Être au monde.

Pourrions-nous porter notre regard sur notre existence, depuis notre naissance jusqu’à aujourd’hui, et pouvoir se dire, comme une évidence : « Je ne souhaite absolument pas revivre tout cela, et pourtant je ne voudrais absolument rien y changer », intimement convaincu que chaque seconde de notre vécu a contribué à qui nous sommes aujourd’hui.

C’est cela, la responsabilité pour notre existence, et la sérénité qui l’accompagne. Pourrions-nous considérer chaque événement de notre quotidien, minime ou massif – selon notre propre interprétation – comme le décor parfait qui nous offre, à cet instant-là, la possibilité de tourner notre regard vers notre intérieur et de mettre en lumière nos frictions, nos entorses, nos limitations, nos victimisations, notre mauvaise foi, notre tristesse, notre peur, notre angoisse et toute cette ribambelle de piques plus ou moins douloureuses.

L’audace d’exister : sommes-nous prêts – intimement prêts – pour la joie, pour l’enthousiasme, pour la liberté d’être, pour endosser avec exaltation la responsabilité pour notre vie – et vivre, ressentir, accueillir, choisir les possibles insoupçonnés ?

Quelques fragments essentiels

« Oser, c’est perdre pied momentanément. Ne pas oser, c’est se perdre soi-même. »
S. Kierkegaard

« Défendre une identité nécessite des efforts considérables. Être juste soi, absolument aucun…. »

« S’affirmer, en premier lieu, est dire « oui » à ce que l’on est. S’affirmer, c’est oser marcher dans une direction qu’on peut être le seul à suivre, sans attendre les encouragements des uns, ni craindre les railleries des autres. »

G. Mutombo

 « Même devenu invisible à nos yeux, notre enthousiasme est toujours en nous et nous vivons en lui. »   A. Stern

« Le regard que manifestent les yeux, de quelque nature qu’ils soient, est pur renvoi à moi-même. […] Que signifie pour moi : être vu? »                         J.-P. Sartre

« Autant la vie d’un individu peut aussi être définie par sa naissance et son origine, ou réduite à de lourds coups du destin, autant il reste « libre » au sens existential, car la manière dont il intègre l’irrévocable dans sa propre vie et ce qu’il en fait, qu’il se positionne positivement ou négativement face à lui, en le reniant ou en s’y confrontant, lui est dévolue. »

A. Holzhey-Kunz